Une belle lecture d’été
Drôle, sensible et féroce.
De Margaret Kennedy, je n’avais lu que La Nymphe au cœur fidèle, il y a quelques décennies. Ce roman a été une découverte. Je l’ai trouvé difficile d’accès, m’égarant dans les prénoms, les patronymes et les situations. Il faudrait presque, comme pour certaines sagas familiales, se faire une fiche récapitulative au fur et à mesure.
On y ressent l’angoisse d’enfants livrés à eux-mêmes, conscients que les adultes ne sont pas plus adultes qu’eux. On y rencontre de nombreux personnages engoncés dans leurs représentations sociales, dans leurs couples et dans leurs désirs plus ou moins louches.
On y trouve un humour anglais féroce. C’est aussi une réflexion sur l’art contemporain, sur la façon dont il est appréhendé par les artistes et par le public, et sur la scission entre initiés et non-initiés. L’histoire se construit et se déconstruit au fil de la lecture, jusqu’à la dernière pièce du puzzle. C’est drôle, sensible, méchant.
Première phrase : « L’orage affola nombre de bonnes gens à EastHead. »
Dernière phrase : « Ils seraient désormais enfermés chacun dans leur chenil, identifiés, domptés, réduits à l’obéissance par leur maître appointé. »